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07/02/2014

Ayerdhal, leurres de la vengeance

Ayerdhal a toujours le regard en alerte. On y décèle comme un voile d'anxiété qui semble dire «On ne sait jamais». Faut-il, comme lui, posséder ce léger sentiment d'inquiétude chevillé à l'âme, pour pouvoir défricher avec bonheur les territoires de l'imaginaire ?

L'auteur de L'Histrion, de Sexomorphoses et d'Étoiles lointaines (prix tour Eiffel 1999), prolixe romancier vivant retiré dans la région lyonnaise, ne sait que répondre : «Disons que je suis un funambule sur le fil de l'écriture, qui ne pense qu'à une seule chose, avancer pour ne pas sombrer.» On n'en saura pas davantage. Et pourtant...


De passage à Paris, cet écrivain aussi révolté qu'il est humaniste donne un nouveau livre où il aborde un de ses thèmes de prédilection : le leurre, la transparence. «Au départ, le simple fait de croiser sur ma route beaucoup de gens «transparents», une vieille dame perdue dans Paris, un SDF faisant la manche dans un hall de gare, ou même un agriculteur solitaire cultivant ses trente hectares sans l'aide de personne, a mis mon imagination en ébullition. C'est comme cela que j'ai créé Naïs, cette jeune femme marginale, qui retourne contre une société à la cécité sélective, cette étrange faculté d'inexistence sociale.»

Dans ce roman où abonde la violence, le style d'Ayerdhal fait merveille.

On ne s'étonnera pas que, dans le chaos général ainsi décrit, sa langue soit celle du jaillissement, de la surprise. Son stylo manié comme une caméra (n'en déplaise à Alexandre Astruc) balaie avec impétuosité les chapitres aiguisés de ce thriller, à peine futuriste. Et Ayerdhal, comme un esprit dans la foule, se fait chroniqueur attentif de la destinée de Naïs, cette tueuse vengeresse, invisible dans un monde sans pitié.

18:04 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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