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31/12/2013

votre argent en 2014

La reprise de l'économie mondiale va-t-elle faire long feu ?Le ralentissement serait même plus marqué au premier semestre 2014, en retombant à 2%, avant de redémarrer ensuite. Aux Etats-Unis, les substantielles réductions d'impôt décidées par l'administration OBAMA ont fait sentir tous leurs effets, mais ont atteint leurs limites en provoquant un déficit budgétaire considérable. L'autre grand pôle de croissance, la Chine, qui contribuait à galvaniser l'ensemble du Sud-Est asiatique, est appelé à modérer ses ardeurs, la surchauffe commençant à créer des distorsions fortes. Le Japon s'apprête à en supporter les conséquences, avec un rythme d'expansion ramené à 0,5% l'an prochain. L'Europe n'est guère mieux lotie. Le Vieux Continent se trouvait à la traîne. Il poursuivra sur sa lancée.


Les Français ont financé leurs achats par l'endettement, grâce aux taux particulièrement bas, et aussi en puisant dans leur épargne dont le taux est revenu de 18% à 15%. Ils donnent ainsi raison à la Bourse qui avait anticipé un certain refroidissement puisque les indices piétinent depuis des mois. Le Dow Jones et le Nasdaq sont en léger repli depuis le début de l'année, tandis qu'en Europe le rebond esquissé depuis la mi-août a permis aux indices de dégager quelques maigres points positifs par rapport à la fin de l'an dernier.


Le ralentissement est encore très modeste. Il se traduit déjà outre-Atlantique par une quasi-stagnation des ventes au détail, une hésitation de l'indice de confiance des consommateurs et une évolution décevante de l'emploi avec 96 000 postes créés en septembre contre 150 000 attendus. Même évolution en Allemagne où la conjoncture reste désespérément molle, avec un chômage en hausse. Ce manque de confiance dans l'activité s'explique largement par des causes qui ne sont pas d'ordre économique. Le terrorisme crée un climat peu propice aux affaires. Il augmente la prime de risque que les investisseurs sont prêts à payer sur les marchés. Il explique en partie l'envolée des prix du pétrole. L'or noir est aujourd'hui au centre des inquiétudes... Pendant des mois, on a refusé de voir le danger. On niait toute comparaison avec les situations antérieures - sous prétexte que son utilisation est proportionnellement moins importante que jadis -, tandis que les cours exprimés en dollars ont permis pendant quelque temps aux Européens, d'échapper à la pression sur les coûts générés par le renchérissement du pétrole. Aujourd'hui, il faut bien déchanter. Alors qu'on avait pronostiqué un nouvel affaissement du billet vert, celui-ci s'est stabilisé face à l'euro, qui évolue depuis le début de l'année entre 1,22 et 1,23 dollar, de sorte que l'évolution des cours du brut se répercute de plein fouet.
Les investisseurs boudent la Bourse


Cela dit, les gouvernements ne resteront pas inactifs. Déjà, on envisage une pause dans le relèvement des taux d'intérêt amorcé par les pays anglo-saxons depuis le début de l'année. La Réserve fédérale américaine, qui a procédé à trois majorations de son taux de base, passé de 1% à 1,75%, pourrait atteindre un palier de 2% en novembre et s'y maintenir. De même, la Banque d'Angleterre pourrait plafonner ses taux à 5%, tandis que la Banque centrale européenne resterait toujours à 2%. Car le danger inflationniste ne paraît pas pour l'instant revenir au premier plan. C'est en ce sens que les experts se refusent à parler d'un nouveau choc pétrolier.


La perspective de voir les taux d'intérêt rester à un niveau peu élevé paraît positive. Mais elle conduit, selon Patrick Artus, l'épargne mondiale à s'investir en liquidités. Au lieu de se diriger vers des investissements productifs, elle se réfugie dans des placements à court terme ou des titres publics pour financer l'endettement croissant des Etats. Les producteurs de pétrole y placent la manne supplémentaire de leurs revenus. D'une manière générale, les investisseurs manifestent une forte aversion pour le risque action en préférant les actifs liquides même si le rendement est faible. Les entreprises participent à cette nouvelle manière de voir en rachetant leurs propres titres,de sorte que depuis l'an 2009, il n'y a plus d'émissions nettes d'actions, tandis que les sociétés préfèrent accroître leurs dividendes.


La préférence pour la liquidité va demeurer. L'immobilier continue de manifester son dynamisme, en particulier en France, grâce aux mesures récentes en faveur des donations qui lui ont donné un nouveau coup de fouet, car elles permettent de financer un premier apport personnel pour les jeunes cherchant à se loger, mais le rattrapage des prix dans les zones les moins favorisées prouve que le mouvement de hausse des prix tend à s'essouffler. Les obligations sont toujours menacées par une remontée du loyer de l'argent à terme, même si cette éventualité reste différée pour l'instant. Les placements vedettes d'aujourd'hui montrent ainsi leurs limites. L'heure de L'or reviendra... l'or d'investissement aujourd’hui sera bientôt comme un choix prioritaire, peut-être parce qu'il n'y a aujourd'hui rien d'autre susceptible d'offrir le même potentiel.

16:51 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0)

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