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31/12/2013

L'art contemporain : comment se faire passer pour un spécialiste de sans rien y connaître

Plutôt que de rejouer à cette occasion le vieux dialogue du prosélyte (de l'audace ! du nouveau ! du jeune !) et du détracteur (imposture ! n'importe quoi ! art officiel !), nous avons préféré nous glisser dans la peau d'un amateur de cet univers si particulier. Recommandations.

Surveiller son langage
On évite les affirmations péremptoires comme : «C'est le retour de la peinture», alors qu'elle n'est jamais partie, ou : «En France, il n'y a pas de collectionneurs», parce qu'il y en a de plus en plus, et qu'ils hésitent de moins en moins à se montrer. La Maison Rouge, espace d'un nouveau type ouvert cet été par Antoine de Galbert, leur est dédié (10, boulevard de la Bastille). Ou encore : «L'art contemporain est à la mode», parce que c'était vrai il y a cinq ans.

On ne nomme pas n'importe comment une oeuvre d'art contemporain. Plutôt qu'une peinture, une sculpture, une vidéo, une installation, on l'appellera sobrement une «pièce». Mieux vaut, en revanche, s'abstenir d'en parler comme d'un «travail», ce qui sent trop son anglicisme.

On ne prononce qu'avec prudence et parcimonie certains mots devenus bien malgré eux les lieux communs du discours sur l'art, entre autres : «pluridisciplinarité», «appropriation», «rhizome».
P. L.

Choisir son clan
Quatre tendances, six rendez-vous, quinze personnalités à suivre... en art comme ailleurs, tout est question d'organisation.

Méditatif : on aime James Turrell, dont on guette les interventions lumineuses sur le bâtiment de la Caisse des dépôts et consignations à Paris ou sur le nouveau site de PSA à Vélizy, en rêvant d'explorer son volcan en Arizona.

Dandy : on aime Gilbert and George, leurs costumes, leurs mises en scène d'eux-mêmes ; leur anticonformisme tongue in cheek ; on les retrouve à la Fiac le 21 octobre à 15 heures en rêvant d'être invité à prendre le thé chez eux à Londres.

Exalté : on aime Anselm Kiefer, ses oeuvres wagnériennes colossales et tourmentées, qu'on retrouve à la Fiac sur les stands d'Yvon Lambert et de Thaddaeus Ropac, en espérant visiter sa maison-bunker dans le sud de la France.

Systématique : on aime Bernd et Hilla Becher, leurs images de bâtiments industriels qui exercent sur la photographie contemporaine une influence inégalée. On les découvre au Centre Pompidou et au Jeu de Paume.

Qui fait quoi ?
Les influents : Philippe Ségalot, l'homme dont le métier est de voir les meilleures pièces avant les autres ; il achète et vend pour les plus grands. Hans-Ulrich Obrist, celui par qui il faut être découvert ou redécouvert : il est la «tête chercheuse» des meilleurs musées du monde. Samuel Keller, le patron des Foires de Bâle et de Miami : c'est lui qui envoie aux invités de ces deux événements leur fameux VIP Pass. Philippe Vergne, le jeune responsable français de l'art contemporain au Walker Art Center de Minneapolis : il prendra l'an prochain la direction de la très attendue Fondation de François Pinault.

Les artistes français qui comptent : Annette Messager, qui sera la première femme à représenter la France à la Biennale de Venise l'été prochain. Bertrand Lavier, l'intelligence la plus acérée de la scène artistique française. Xavier Veilhan, qui investit le Forum du Centre Pompidou, et dont on attend les projets de sculptures à Bordeaux, Lyon, Tours... Bruno Peinado, en pleine ascension après le succès de son exposition au Palais de Tokyo et de sa présence à la Biennale de São Paulo.

Vous ne pouvez pas ne pas les connaître : ce sont les superstars internationales de l'art contemporain : le peintre allemand Gerhard Richter ; les Américains Jeff Koons et Cindy Sherman ; l'Anglais Damian Hirst ; l'Italien Maurizio Cattelan.

Vous pouvez encore être l'un des premiers à prononcer leur nom : les jeunes artistes Jeppe Hein (une flamme qui grandit au fur et à mesure que le spectateur s'en approche) ou Tino Seghal (deux danseurs interprètent une chorégraphie qui retrace les plus grands baisers de la sculpture, de Rodin à Koons) sont parmi les plus prometteurs du moment.

La Fiac au pas de course !
L'art est long et le temps est court : on va à l'essentiel. Mais tous les détours sont permis, et même recommandés.

Pour une visite rapide, commencer par passer au stand de Air de Paris, une des galeries françaises les plus «crédibles» au plan international, pour son impeccable choix d'artistes, la personnalité et les réseaux de ses animateurs, Florence Bonnefous et Edouard Mérino.


Sur le stand de la Galerie 1900-2000, se plonger dans le cabinet de curiosité des Fleiss père et fils : introuvables surréalistes, photos vintage, c'est le record du plus grand nombre d'oeuvres au mètre carré.

Se réjouir, chez Marian Goodman que la grande galeriste américaine soit devenue l'un des promoteurs les plus efficaces des artistes français, comme Daniel Buren, Annette Messager ou Pierre Huyghe.

Donner rendez-vous à la jet-set internationale chez Thaddaeus Ropac, qui draine, entre Paris et Salzbourg, collectionneurs américains et stars du show-biz. Disputer, sur le stand de Kréo, une pièce numérotée de Martin Szekely ou Marc Newson aux collectionneurs de mobilier contemporain que sont déjà Azzedine Alaïa, Marin Karmitz ou Karl Lagerfeld.


Se montrer attentif aux propositions de Grégoire Maisonneuve, le jeune marchand qui monte, pour pouvoir dire, dans quelques années, qu'on le soutient depuis le début.

Sortir des musées
Boutiques, librairies, cafés et autres lieux inattendus : idées pour mélanger l'art et la vie.

Quelques sensations contemporaines à éprouver sans mettre le pied dans un musée :
Ecouter, l'air de rien, conversations et tractations entre galeristes et collectionneurs en buvant un verre au comptoir de L'Audierne, 22, rue Louise-Weiss (la rue de l'art contemporain à Paris).

Essayer un costume chez Dior Hommes, 25, rue Royale (la cabine est une oeuvre de l'artiste Ann Veronica Janssens), une robe chez Balenciaga, 10, avenue George-V (oeuvre de Dominique Gonzales-Foerster) ou une veste chez Helmut Lang, 219, rue Saint-Honoré (oeuvres de Louise Bourgeois, Jenny Holzer).

Porter un sac Longchamp réalisé par l'artiste anglaise Tracy Emin.

Faire un voeu sous les étoiles au lac de Vassivière en regardant scintiller les «graines de lumières» disséminées dans les arbres par l'artiste Eric Samakh.

28/12/2013

De la mode à la déco

Vases communicants, la mode et la décoration se nourrissent l’une de l’autre. Les exemples sont légion, et les acteurs de ces deux univers naviguent allègrement d’un monde à l’autre.


Au-delà des couturiers et créateurs (Kenzo, Dior, Armani, Christian Lacroix, Paul Smith...) qui apposent leurs griffes sur nos objets quotidiens, la maison puise son inspiration dans les matières, les couleurs et les imprimés empruntés au langage de la mode. Exemples remarqués, cet hiver, le cuir, l’or, l’argent, le tweed, la fausse fourrure, l’esprit cocotte-boudoir, le kaki... ont fait les beaux jours des pages mode des magazines et envahissent maintenant nos maisons.

- L’argent et l’or, repérés sur les accessoires, chaussures et sacs... Ces canapés deux places au style revisité, baptisés Versailles (5) et Vallière, sont réactualisés en vinyle argent (3 302 E et 3 435 E, Gilles Nouailhac). Ce tabouret et cette console-bibliothèque (1) sur piétement d’acier noir sont gainés de cuir métallisé frappé croco et signé Philippe Delzers (2 800 E, 7 000 E). Cette chaise 1950 (4) s’habille en or (120 E, Home Autour du Monde). Des coussins en cuir verni affichent les lettres “ LOVE ”, d’autres sont en cuir métallisé de couleur (150 E et 94 E, Maison de Vacances). Enfin, les célèbres tabourets Tam Tam sont vêtus d’un voile argent, or, titane (3) ou bronze (60 E, Branex Design).

- Le tweed. Valeur sûre, ce tissu est parfaitement adapté à la confection des sièges et canapés, avec, par exemple, le fauteuil Miami, en quatre versions de tweed dans des tonalités automnales, de l’aubergine au potiron (1 111 E, Désio). Look amusant pour ce fauteuil pivotant (2) signé Christophe Pillet, traité dans un tweed “ seventies ” en blanc cassé, gris ou noir (695 E, Artelano). Côté accessoires, un tapis effet tweed en laine de Nouvelle-Zélande (2 300 E, Moïse International), un autre en sisal gansé de tweed écossais (à partir de 207 E le mètre carré, Crucial Trading).

- La fourrure. avec ce coussin tout blanc, à poils longs (35 E, Jardin d’Ulysse), un tapis rond, tout doux, en fausse fourrure dans des coloris très tendance (75 E, Serendipity), une bouillotte en lapin, un plaid en coyote sur lin, un autre en zibeline sur twill de soie imprimé (150 E, 1 015 E et 4 600 E, Maison de Vacances).

- Le kaki, avec un rocking-chair au piétement d’acier chromé (2 805 E, Modénature), un canapé sobre et déhoussable en lin baptisé François (à partir de 1 179 E, AM-PM), un lampadaire industriel avec variateur (305 E, Espace Lumière), une lampe baladeuse à l’esprit industriel (85 E, Sandrine et les Ferrailleurs) et un service à thé en grès émaillé comprenant théière (61 E), bols (8,50 E pièce), sucrier (21,50 E) et pot à crème (18,50 E, Jars).

- L’esprit boudoir, avec des étoffes chatoyantes et féminines, empruntées cette fois à la lingerie. Un plumetis noir sur fond rose avec une housse de couette en percale (175 E, Descamps) et des courtepointes et des coussins en satin capitonné, nervuré, à mo-tifs croisillons ou rayés noir et rose, très hollywoo-dien (455 E, 96 E, Pierre Frey).


Carnet d'adresses


AM-PM, catalogue au 0.892.350.350.
Artelano, points de vente au 01.44.18.00.00.
Branex Design, points de vente au 01.49.42.17.33.
Crucial Trading, 35, bd Saint-Germain, 75005 Paris.
Tél. : 01.40.51.05.66.
Descamps, points de vente au 03.20.10.51.71.
Désio à La Maison de Brune, 2, rue de Tournon, 75006 Paris.
Tél. : 01.46.34.04.72.
Espace Lumière, 48, rue Mazarine, 75006 Paris.
Tél. : 01.43.54.06.28.
Gilles Nouailhac, points de vente au 01.53.63.00.25.
Home Autour du Monde, 8, rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris. Tél. : 01.42.77.06.08.
Jardin d’Ulysse, points de vente au 04.72.26.59.59.
Jars, points de vente au 04.75.31.68.31.
Maison de Vacances, 36, rue de Montpensier, 75001 Paris. Tél. : 01.47.03.99.74.
Modénature, 59, rue de Seine, 75006 Paris.
Tél. : 01.53.10.31.70.
Moïse International, points de vente au 01.48.73.20.78.
Philippe Delzers chez Patrick Fourtin, 9, rue des Bons-Enfants, 75001 Paris. Tél. : 01.42.60.12.63.
Pierre Frey, points de vente au 01.44.77.36.00.
Sandrine et les Ferrailleurs, points de vente au 01.48.07.21.73.
Serendipity, 17, rue des Quatre-Vents, 75006 Paris.
Tél. : 01.40.46.01.15.