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28/12/2013

De la mode à la déco

Vases communicants, la mode et la décoration se nourrissent l’une de l’autre. Les exemples sont légion, et les acteurs de ces deux univers naviguent allègrement d’un monde à l’autre.


Au-delà des couturiers et créateurs (Kenzo, Dior, Armani, Christian Lacroix, Paul Smith...) qui apposent leurs griffes sur nos objets quotidiens, la maison puise son inspiration dans les matières, les couleurs et les imprimés empruntés au langage de la mode. Exemples remarqués, cet hiver, le cuir, l’or, l’argent, le tweed, la fausse fourrure, l’esprit cocotte-boudoir, le kaki... ont fait les beaux jours des pages mode des magazines et envahissent maintenant nos maisons.

- L’argent et l’or, repérés sur les accessoires, chaussures et sacs... Ces canapés deux places au style revisité, baptisés Versailles (5) et Vallière, sont réactualisés en vinyle argent (3 302 E et 3 435 E, Gilles Nouailhac). Ce tabouret et cette console-bibliothèque (1) sur piétement d’acier noir sont gainés de cuir métallisé frappé croco et signé Philippe Delzers (2 800 E, 7 000 E). Cette chaise 1950 (4) s’habille en or (120 E, Home Autour du Monde). Des coussins en cuir verni affichent les lettres “ LOVE ”, d’autres sont en cuir métallisé de couleur (150 E et 94 E, Maison de Vacances). Enfin, les célèbres tabourets Tam Tam sont vêtus d’un voile argent, or, titane (3) ou bronze (60 E, Branex Design).

- Le tweed. Valeur sûre, ce tissu est parfaitement adapté à la confection des sièges et canapés, avec, par exemple, le fauteuil Miami, en quatre versions de tweed dans des tonalités automnales, de l’aubergine au potiron (1 111 E, Désio). Look amusant pour ce fauteuil pivotant (2) signé Christophe Pillet, traité dans un tweed “ seventies ” en blanc cassé, gris ou noir (695 E, Artelano). Côté accessoires, un tapis effet tweed en laine de Nouvelle-Zélande (2 300 E, Moïse International), un autre en sisal gansé de tweed écossais (à partir de 207 E le mètre carré, Crucial Trading).

- La fourrure. avec ce coussin tout blanc, à poils longs (35 E, Jardin d’Ulysse), un tapis rond, tout doux, en fausse fourrure dans des coloris très tendance (75 E, Serendipity), une bouillotte en lapin, un plaid en coyote sur lin, un autre en zibeline sur twill de soie imprimé (150 E, 1 015 E et 4 600 E, Maison de Vacances).

- Le kaki, avec un rocking-chair au piétement d’acier chromé (2 805 E, Modénature), un canapé sobre et déhoussable en lin baptisé François (à partir de 1 179 E, AM-PM), un lampadaire industriel avec variateur (305 E, Espace Lumière), une lampe baladeuse à l’esprit industriel (85 E, Sandrine et les Ferrailleurs) et un service à thé en grès émaillé comprenant théière (61 E), bols (8,50 E pièce), sucrier (21,50 E) et pot à crème (18,50 E, Jars).

- L’esprit boudoir, avec des étoffes chatoyantes et féminines, empruntées cette fois à la lingerie. Un plumetis noir sur fond rose avec une housse de couette en percale (175 E, Descamps) et des courtepointes et des coussins en satin capitonné, nervuré, à mo-tifs croisillons ou rayés noir et rose, très hollywoo-dien (455 E, 96 E, Pierre Frey).


Carnet d'adresses


AM-PM, catalogue au 0.892.350.350.
Artelano, points de vente au 01.44.18.00.00.
Branex Design, points de vente au 01.49.42.17.33.
Crucial Trading, 35, bd Saint-Germain, 75005 Paris.
Tél. : 01.40.51.05.66.
Descamps, points de vente au 03.20.10.51.71.
Désio à La Maison de Brune, 2, rue de Tournon, 75006 Paris.
Tél. : 01.46.34.04.72.
Espace Lumière, 48, rue Mazarine, 75006 Paris.
Tél. : 01.43.54.06.28.
Gilles Nouailhac, points de vente au 01.53.63.00.25.
Home Autour du Monde, 8, rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris. Tél. : 01.42.77.06.08.
Jardin d’Ulysse, points de vente au 04.72.26.59.59.
Jars, points de vente au 04.75.31.68.31.
Maison de Vacances, 36, rue de Montpensier, 75001 Paris. Tél. : 01.47.03.99.74.
Modénature, 59, rue de Seine, 75006 Paris.
Tél. : 01.53.10.31.70.
Moïse International, points de vente au 01.48.73.20.78.
Philippe Delzers chez Patrick Fourtin, 9, rue des Bons-Enfants, 75001 Paris. Tél. : 01.42.60.12.63.
Pierre Frey, points de vente au 01.44.77.36.00.
Sandrine et les Ferrailleurs, points de vente au 01.48.07.21.73.
Serendipity, 17, rue des Quatre-Vents, 75006 Paris.
Tél. : 01.40.46.01.15.

Couleur café

cafe.jpg


Même si nos cafetiers continuent d’aligner leurs petits noirs sur le zinc de manière anonyme, le café est devenu l’un des signes d’un certain art de vivre. On ne cesse pas de découvrir les saveurs étranges de nouveaux crus qui s’apparentent au goût du voyage. Voici quelques bons cafés et la bonne manière de les préparer.


Quelque soit la cafetière, c’est la qualité du café utilisé qui fera la différence.

Les mots des pros


Comme l’œnologue, le dégustateur de café a son propre langage. Quand il parle de tasse, il ne s’agit pas de l’objet mais de la couleur du liquide, qui, elle-même, s’exprime de façon impressionniste puisqu’elle peut être fine, pauvre, discrète, voire suspecte ou mauvaise. Côté saveurs, on sera dans l’acidulé, l’aigre, l’amer. On lui trouvera aussi de l’astringence, une tonalité douce et quelquefois salée. En ce qui concerne l’arôme, plusieurs centaines de composants ont un résultat tour à tour animal, brûlé, fumé, caramel, épicé (cannelle et girofle dominantes), floral, fruité, citronné (quelquefois) et même proche du caoutchouc. Le corps, lui, s’apparente à la longueur en bouche du vin, c’est la saveur résiduelle après dégustation.


L’appât du grain


logo.pngEn France, nous consommons environ 5,4 kilos de café par an et par habitant, ce qui équivaut presque à la moyenne européenne et nous place au dixième rang dans le monde. Malgré le retour récent des moulins à café électriques très perfectionnés (on peut choisir sa mouture), 95 % des ventes portent sur le produit moulu, et 90 % s’opèrent en grande surface. Autant dire que Malongo, qui a son propre circuit de distribution, reste une entreprise à taille humaine.

Tout en prenant, année après année, une stature internationale. Elle vient tout juste de fêter ses soixante-dix ans. La modeste brûlerie de qualité (comme il en existait beaucoup) créée en 1934 à Nice par un monsieur Longo au nom prédestiné a su prendre de l’ampleur sans rien perdre de sa réputation et en devançant la demande des consommateurs.

En 1950, la marque crée les premiers paquets de café moulu pour répondre à la demande estivale. Au début des années 60, elle met au point la première boîte métallique à emballage sous vide. Et tant pis si le client ne s’y fait pas tout de suite. On tient bon. En revanche, pas question d’abandonner la torréfaction à l’ancienne. Et quand la vogue des dosettes pour machines à expressos domestiques pointe son nez, on n’en profite pas pour passer un produit de moindre qualité. Au contraire, les grands crus de café – Colombie, Éthiopie, Brésil, Papouasie – proposés au détail peuvent également s’acheter sous cette forme, et même le rare Blue Mountain de la plantation Langford, en Jamaïque. Blue Mountain Malongo en dosettes, 19 E les vingt. Dans les boutiques Malongo Café.


Distributeur exclusif


verlet.jpgVerlet, rue Saint-Honoré, les Parisiens connaissent. Créé dans les années 60, l’établissement est à la fois un conservatoire des grands crus de café du monde et un lieu de découvertes : menées aujourd’hui par Éric Duchaussoy, le successeur de Pierre Verlet. Ces derniers temps, chez lui, on peut découvrir le nyandungu, un café d’altitude (“ high grown ”) originaire du Rwanda. On l’appelle également “ café des gorilles ” en hommage à la zoologiste Diane Fossey, dont les observations se poursuivirent précisément dans cette région. Pur arabica lavé appartenant à la variété arabica Bourbon, le nyandungu est récolté à la main et surprend l’amateur par son acidité bien balancée, des arômes de jasmin et une saveur très finement épicée.


Cafetières en service


Chacun de nous a son ustensile préféré. Le système le plus répandu reste le filtre en papier, qui a succédé à la “ chaussette ” en coton de nos grand-mères, inventée au XIXe siècle. Il est recommandé d’humecter le filtre avant usage, de faire gonfler la mouture avec un peu d’eau frémissante avant de continuer. La température idéale de l’eau ne dépassera pas 95 °C. Ce système souvent appelé Melita, du nom des fabricants de filtres, peut également être électrique ; il est doté quelquefois d’un programmateur. La cafetière napolitaine, malgré son nom, fut inventée par un Français. Deux cônes inversés sont vissés sur un filtre métallique où l’on dépose la mouture – l’eau est en bas. On la pose sur le feu, et le tout fonctionne comme une lessiveuse.



Certains trouvent que ce n’est pas la meilleure manière d’exalter les arômes du café. La Cona fonctionne par pression d’air. D’origine anglaise, elle a eu son heure de gloire dans les foyers français et elle permet d’obtenir un excellent breuvage. Seuls inconvénients : son prix, sa fragilité et la difficulté d’obtenir des pièces détachées. Elle a peu à peu été remplacée par la Melior, une variante de la manière turque, à ceci près que le café ne bout pas. Dans le récipient en verre, on met l’eau et un café de mouture moyenne, on remue avant de laisser infuser quelques instants. Un filtre à piston poussé vers le bas concentre le marc de café au fond du pot.

Dernières arrivées, les machines à expressos familiales doivent toutes permettre une pression d’au moins 15 bars. Dans tous les cas, c’est la qualité du café utilisé qui fera la différence.

11/09/2012

Voyage à Bangor de William Olivier Desmond

William Olivier Desmond.jpg

William Olivier Desmond n'est pas un inconnu de nos services. Roulant à moto, portant blouson, le cheveu poivre et sel assez long, il a, au registre de ses méfaits, traduit (presque) tout Stephen King. Il enseigne aussi l'anglais en fac, où, il y a une demi-douzaine d'années, au lieu de donner en sujet d'agrégation quelque facétie scolastique sur l'élaboration de Finnegans Wake, il proposa «L'Apparition du mal chez Stephen King». On juge l'individu. La question n'était pas si sotte, puisque le mal chez l'auteur du Fléau et de Rose Madder, s'annonce toujours, non par les ténèbres, mais par une lumière.


Aujourd'hui, M. Desmond va plus loin. Il publie un roman chez José Corti dont la devise est toujours «rien de commun». Dans la collection Merveilleux où l'on trouvait naguère Tout Alice, de Lewis Carroll traduit par Henri Parisot, et ces temps derniers, Daniel Defoe, Bram Stocker, Jules Verne ou Alfred Kubin. C'est dire l'auguste compagnie.


voyage libre.jpgWilliam Olivier Desmond s'y lance dans une curieuse aventure avec un stylo et une Harley-Davidson. Une randonnée entre Boston et Bangor, au pays de King. Dont le nom n'est jamais prononcé. Or, le pays du Maître sans nom, comme celui de la susnommée Alice, ne répond à aucune géographie. Son Etat du Maine est plus un itinéraire du mal qu'une vraie carte routière. On va donc croiser avec notre chevaucheur de Harley (King en posséda une longtemps), Derry, la ville de l'horreur de Ça, Castle Rock, celle des premiers romans et de Bazaar où le diable tient étal (une visite s'imposait), le chien de Cujo, les crapauds carnivores de La Saison des pluies, et les sinistres Langoliers qui font le ménage dans le passé et l'espace-temps.


Desmond, malicieusement, transporte dans ce Maine, l'entonnoir de l'Enfer de Dante et son Purgatoire. Il a pour guide d'abord Ambrose Bierce, maître de la nouvelle cruelle, livrant au passage la vérité sur sa disparition non élucidée durant la révolution mexicaine, puis notre Cyrano de Bergerac, précurseur de la science-fiction avec ses Etats et Empires du Soleil.


On mesure à quel jeu fictionnel se livre Desmond, pour le plaisir. Car, ayant traduit bien des romans du Maître, sa plume prend le ton King (ne négligeant pas au passage ses imperfections qu'on met souvent sur le compte de... la traduction) pour nous conter la quête d'un carnet perdu par le Maître et qui renferme des notes pour un roman qui serait sans doute celui qu'on lit et qu'il n'écrira pas.


Une manière de vertige nous saisit en plein divertissement. Desmond a-t-il traduit en douce un inédit du maître de Bangor ou bien, en universitaire las du ressassement, a-t-il voulu nous montrer que le voyage est possible en toute oeuvre qui crée son propre monde ? Il suffit de vouloir y pénétrer. Merci pour la balade et la Harley, M. Desmond.

18:09 Publié dans Economie, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)